L’orage est un spectacle fascinant, totalement incontrôlable et donc aussi effrayant. La nature nous rappelle ainsi quelle est notre place.
Cette photo m’a fascinée, hypnotisée. Le photographe s’appelle Chris Kotsiopoulos et il se trouvait chez lui à Athènes lorsque l’orage a frappé. La fréquence des éclairs l’a interpelé: un coup de tonnerre toutes les secondes! C’est sur que cette « quantité » a de quoi interpeler, et il est donc sorti pour saisir cet instant.
Sur cette pose, il a fixé tout simplement 51 éclairs près du Stade Olympique. Pour cela, il a patienté une trentaine de minutes afin d’avoir une moisson d’éclairs suffisante, puis il les a rassemblé sur ce montage.
Ce qu’il faut savoir des éclairs c’est qu’ils sont dus à une différence de « potentiel » entre deux points. En gros, le nuage va être chargé négativement et la terre positivement (souvenez vous de vos cours de physique…) et à un moment donné, l’énergie accumulée (à cause de cette différence de charge) va se dissiper de manière brève et violente: l’éclair, afin d’équilibrer tout ça. Le grondement du tonnerre est du à une onde créée à cause de cet éclair: l’air est chauffé si intensivement et si rapidement qu’il se dilate, et créé cette onde sonore.
Enfin, si vous voulez savoir à quelle distance a frappé la foudre, il suffit de compter: l’éclair est visible quasi instantanément, alors que le tonnerre mettra plus de temps (la vitesse du son n’étant « que » de 340 mères par seconde). Donc si vous comptez 10 secondes entre l’éclair et le tonnerre, vous pouvez estimer que la foudre est tombée à environ 340 x 10 soit 3 400 mètres (facile non?).
A noter que la foudre est attirée par les pointes (effet de pointe) et donc c’est pour cela qu’on trouve des paratonnerres sur les toits. Et l’un des plus célèbre est la Tour Eiffel, j’en parlais ici.
Crédit: Chris Kotsiopoulos/National Pictures/MAXPPP
Un soir comme un autre de la semaine. Un instant passé sur le balcon pour profiter des derniers soirs de douceur en cette fin d’été et admirer la tour Eiffel, cette grande dame de fer fichée au milieu de la ville. Le ciel est bas et la nuit est déjà presque tombée.
L’orage s’approche, on ne l’attend pas, il frappe soudainement. Un grand flash illumine le ciel, et fait ressortir la structure d’acier devant nos yeux.
On s’en fiche, elle est là qui protège Paris de la colère des cieux… non?
Eh bien, en fait pas tant que ça: effectivement la tour Eiffel est un paratonnerre, mais attention, elle n’étant pas sa robuste protection à toute la ville! Pourquoi? Parce qu’un paratonnerre ne protège que dans un périmètre d’un rayon environ égal à sa hauteur. En clair, la tour Eiffel qui mesure 324 mètres (merci le site officiel) ne protège le sol « que » dans un rayon de 300 mètres environ (merci le site de la foudre), c’est à dire pas grand chose car Paris c’est un cercle de 6km…
Grosso modo, la protection offerte correspond au cercle foncé ci-dessous.

Puis la pluie est arrivée, intense et soudaine comme l’éclair qui l’a précédée. Elle a tout trempé sur ce petit balcon, et nous sommes resté à contempler ce spectacle. La fin de l’été, la fin de la saison des orages, la fin des jours qui n’en finissent plus d’être lumineux.
Bonjour les réunions d’hirondelles, bonjour les couleurs chatoyantes des arbres, bonjour l’automne.
Crédit: David Yardt, de la série ici.

