Architecture estivale

L’été, le soleil, la mer, la plage, son sable (blanc ou pas), et ses châteaux… Les châteaux de sable font partie intégrante du microcosme de la plage : une plage l’été sans château, c’est pas pareil, il manque quelque chose !

La construction d’un château digne de ce nom est une aventure épique : il faut choisir son emplacement de manière très stratégique, en fonction de ce qu’on attend du château : doit-il résister au temps et au vent, ou à la marée furieuse et déchaînée !

Si on veut espérer le revoir le lendemain matin, il doit être au-delà de la zone de marnage (je ramène ma science, depuis mon stage de parfait matelot : la zone de marnage est la zone recouverte par la mer à marée haute, et découverte à marée basse…) Ainsi, il n’aura pas à lutter contre les infiltrations d’eau et les déferlantes qui pourraient saper ses fondations.

Les seules limites à l’édifice sont notre imagination, plus aussi quelques règles basiques d’architecture, mais on peut faire sans, l’expérience nous apprenant rapidement les limites de la physique du grain de sable. Des tours, des murailles, des douves, des créneaux, un pont-levis, des passages souterrains, une forêt d’algues, des drapeaux, des oriflammes… bref, tout le nécessaire du parfait petit mais costaud château fort ! Dans ce type de construction, ce qui compte, c’est essentiellement l’esthétique : le château doit être beau et élégant, se dressant fièrement face au vent, et lutant pour sa survie face aux gamins ennemis qui courent dans tous les sens, et dont le seul but dans la vie semble être de mettre du sable partout, en particulier sur les serviettes (vous savez, celles qu’ont étendues si soigneusement pendant des longues minutes, pour avoir la bonne place, la bonne forme de sable en dessous, et surtout en virant un par un les grains de sable intrus).

Autre objectif, autre architecture, le château qui va défier la marée. Celui là c’est aussi un grand classique de la plage. Sa construction déjà est une aventure, le temps imparti pour l’élévation de l’édifice étant relativement court. La lutte contre le temps est un défi passionnant à relever, son édification se terminant systématiquement les pieds dans l’eau. Quelques règles simples : choisir un spot pas trop près de l’eau, pour avoir un minimum de temps pour le construire. Repérer quelques éléments naturels pouvant nous aider à la lutte pour la survie du château, comme des cailloux, des rochers, mais aussi une élévation de sable, ou des morceaux de bois flottant. La construction peut alors commencer, et il faut se dépêcher : la mer monte, et accomplie son œuvre terrifiante de destruction. Se répartir le travail est une bonne stratégie : l’un creuse un chenal assez profond et assez long pour détourner le plus possible les flots déchaînés (une digue peut aussi être utilisée), l’autre élève au maximum la construction. Ces châteaux font surtout penser à des tumulus, ou des petites montagnes, faits pour résister à la marée, avec un drapeau au sommet pour signifier que l’édifice nous appartient.

Les plus audacieux tenteront le mélange des deux versions, en construisant un château élégant, en sachant qu’il sera inexorablement détruit par la marée. Un beau château, des douves profondes permettant à l’eau de contourner la construction, des remparts prêts à subir l’assaut des vagues. Ceux là sont les plus ambitieux, pour constructeurs chevronnés.

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En marchant le long de la plage le matin, on peut contempler les ruines des ces fières demeures, là où de passionnantes aventures de princes, de chevaliers au grand cœur et de dragons féroces surgis des flots se sont déroulées.

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