Par un bel après-midi de printemps, je me suis rendu au jardin du Luxembourg. Et là j’ai découvert un microcosme intrigant et intéressant: les joueurs d’échecs.
C’est tout d’abord un peu surprenant et déroutant: de tables de jeu, mais aussi des plateaux posés sur des chaises pour improviser une partie. Au soleil ou à l’ombre des rares arbres posés là, les parties s’organisent. Toutes sont limitées dans le temps: un minuteur étant là pour rappeler à chacun qu’il doit jouer vite et bien. L’idée est que tous les amateurs puissent jouer un moment.
Les joueurs sont bien loin des stéréotypes que l’on peut imaginer: le vieil homme avec son blazer bleu marine va affronter le type en baggi et piercing à l’allure de quasi SDF. Ce jeune homme à la casquette de laine, en jean et chemise immaculée mène la partie face à cette femme un peu ronde qui me fait penser à madame Le Quesnoy dans « La vie est un long fleuve tranquille ». Un peu plus loin, un handicapé en fauteuil roulant est opposé à un black genre jeune cadre dynamique, en bermuda et lunettes de soleils.
Je constate que tout le monde se connait dans ce monde parallèle. Quand un joueur a fini une partie, il vient saluer ceux de la table d’à coté dont la partie n’a pas encore débuté. Quelques règles de bonne conduite sautent aux yeux: on ne dérange pas un joueur en plein partie, et on est beau perdant: pas question de tricher ou de contester un déplacement exécuté trop rapidement.
Je me suis alors rappelé que je sais jouer aux échecs. Mais en observant et en écoutant des bribes de conversations, je me rends très vite compte que non, je ne suis pas un joueur d’échecs, mais simplement quelqu’un qui connait les règles de déplacements des différentes pièces de l’échiquier. Quand je vois mon voisin, sur la chaise d’à coté, expliquer une tactique, en positionnant les pièces presque sans les regarder, je constate le fossé qui nous séparer.
Pour moi, les échecs est un jeu austère, nécessitant du temps et un apprentissage potentiellement long et fastidieux. Mais il s’avère être un moyen permettant de gommer bien des différences sociale, en faisant communiquer des gens tellement différents les uns des autres. J’ai aussi regretté de ne pas avoir pris mon appareil photo pour immortaliser certaines « gueules » faisant clairement partie des meubles de cette place ensoleillée. Je ne m’avoue pas vaincu, ce n’est que partie remise.
Crédit: baron des échecs


1 commentaire
sibille on 29 avril 2010 at 15:50.
Nous avons la mm chose à Lille au Palais de la Bourse -centre ville- à ciel ouvert, il y a les échecs, les jeux de dames et autres.
Ambiance extra et ca complexe les pauvres petits joueurs du dimanche qui ne savons que bouger les pions.